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Bon de commande et bon de livraison : à quoi servent-ils pour un auto-entrepreneur
Quand utiliser un bon de commande ou un bon de livraison, leur contenu, leur place entre devis et facture, et pourquoi ils ne comptent pas dans le chiffre d'affaires.
Par l'équipe MyHissab 10 min de lecture
Le bon de commande et le bon de livraison sont deux documents que beaucoup d'auto-entrepreneurs découvrent le jour où un client professionnel les réclame. Ils ne remplacent ni le devis ni la facture : ils tracent ce qui a été commandé et ce qui a été remis, surtout quand vous vendez des produits ou livrez en plusieurs fois. À la fin de ce guide, vous saurez quand les établir, ce qu'ils contiennent et comment les enchaîner avec le devis et la facture sans fausser votre chiffre d'affaires.
Deux documents d'usage, pas de facturation
Rien dans le statut de l'auto-entrepreneur n'impose un bon de commande ou un bon de livraison. Ce sont des usages commerciaux, hérités des échanges entre entreprises, que vous adoptez si votre activité les rend utiles. La seule règle à garder en tête est ailleurs : seule la facture constitue votre chiffre d'affaires. Un bon de commande signé n'est pas une vente réalisée, un bon de livraison signé n'est pas un encaissement. Ni l'un ni l'autre n'entre dans le calcul de l'IFU ni dans le suivi du plafond annuel.
- Le bon de commande (BC) matérialise la commande du client : « je vous commande ceci, à ce prix, pour cette date ». Il est émis par le client, ou préparé par vous et signé par lui.
- Le bon de livraison (BL) accompagne la marchandise ou constate la fin d'une étape de prestation : « voici ce qui vous a été remis, en telle quantité, à telle date ». Le client le signe à la réception.
Pour une prestation livrée en une fois (un site, une formation, une mission de conseil), le couple devis-facture suffit le plus souvent.
Quand ces documents sont utiles
Vous vendez des produits. Le bon de livraison est la preuve que la marchandise a été remise et acceptée. Sans lui, un client peut contester plus tard la quantité reçue ou l'état des articles. Sa signature vaut constat : « reçu conforme, 25 coffrets ». Le bon de commande, lui, vous protège en amont : quand vous devez acheter de la matière, fabriquer ou importer avant de livrer, le client s'est engagé avant que vous n'engagiez vos dépenses. Il est courant de l'accompagner d'un acompte ; un acompte facturé entre dans le chiffre d'affaires à sa date (voir le guide du devis).
La prestation se réalise en plusieurs livraisons. Une commande de 40 coffrets livrée en deux fois, une série de trois sessions de formation, un chantier en plusieurs passages : chaque étape peut donner lieu à un bon de livraison. À la fin, la facture les récapitule, ou une facture est émise à chaque étape.
Le client professionnel l'exige. Beaucoup de sociétés ne règlent une facture que si elle cite le numéro d'un bon de commande émis par leur service achats, et vérifient qu'un bon de livraison signé existe avant la mise en paiement. Dans ce cas, c'est le client qui produit le bon de commande ; votre travail est d'en reporter le numéro sur le bon de livraison et sur la facture. Fournir les trois documents accélère le règlement.
Devis, bon de commande, bon de livraison, facture : qui fait quoi
| Devis | Bon de commande | Bon de livraison | Facture | |
|---|---|---|---|---|
| Moment | Avant l'accord | À l'accord, avant la préparation | À la remise des produits ou de la prestation | Après la livraison (ou à l'acompte) |
| Émis par | Vous | Le client, ou vous pour signature | Vous | Vous |
| Engage qui | Vous, sur le prix, pendant la validité | Le client, sur la commande | Le client, sur la réception conforme | Le client, sur le paiement |
| Prix affichés | Oui | Oui, repris du devis | Facultatif, souvent sans prix | Oui, un seul total en DZD |
| Entre dans le chiffre d'affaires ? | Non | Non | Non | Oui, à sa date |
| Numérotation | DEV- | BC- | BL- | FAC- |
Aucun de ces documents ne se substitue à un autre : le bon de livraison ne vaut pas facture, et la facture ne prouve pas la remise de la marchandise.
Ce que contiennent ces documents
Les deux reprennent le bloc d'identification de vos devis et factures : votre nom, la mention « Auto-entrepreneur », votre numéro de carte, vos coordonnées, et l'identité du client. Les mentions propres à la facture sont détaillées dans le guide des mentions obligatoires ; pour les deux autres documents, l'usage demande les éléments suivants.
Le bon de commande
- Le titre « Bon de commande » et un numéro propre (BC-2026-0012), dans une série distincte de vos devis et de vos factures.
- La date de la commande et la référence du devis accepté (« Suivant devis DEV-2026-0044 du 03/09/2026 »).
- Les désignations, quantités et prix unitaires, identiques au devis. Si le client commande moins ou plus que prévu, c'est le bon de commande qui sert de référence pour la suite.
- La date et l'adresse de livraison souhaitées, et les conditions de paiement convenues.
- La signature du client, avec la mention « Bon pour commande ».
Le bon de livraison
- Le titre « Bon de livraison » et un numéro propre (BL-2026-0031).
- La date de remise, la référence du bon de commande ou du devis, et celle de la facture si elle est déjà émise.
- Les désignations et quantités livrées. Pour une livraison partielle, indiquez « livré 25 sur 40, reste 15 ».
- Sans prix, le plus souvent. Le bon de livraison circule avec la marchandise et passe entre les mains du magasinier ou du réceptionnaire : beaucoup d'entreprises préfèrent qu'il ne mentionne pas les montants. Rien ne l'interdit non plus ; si vous les affichez, ajoutez la mention « TVA non applicable — régime de l'auto-entrepreneur (loi n° 22-23) » comme sur vos autres documents.
- La signature du client à la réception, avec la date, le nom du signataire et d'éventuelles réserves (« carton abîmé, 1 coffret manquant »).
Conservez l'exemplaire signé : c'est lui qui a de la valeur, pas la version vierge.
Le circuit complet, du devis à la facture
Exemple : Sara Benali, créatrice à Oran, reçoit une commande de 40 coffrets cadeaux de Hydra Services SARL, à 3 500 DZD l'unité, soit 140 000 DZD, livrés en deux fois.
- Devis DEV-2026-0044 du 03/09/2026 : 40 coffrets × 3 500,00 = 140 000,00 DZD, valable 30 jours, livraison en deux lots.
- Bon de commande BC-2026-0012 : Hydra Services signe le 08/09/2026 en reprenant le devis, livraison souhaitée avant le 30/09. À ce stade, le chiffre d'affaires de Sara reste à zéro sur cette affaire.
- Première livraison, BL-2026-0031 du 18/09/2026 : 25 coffrets, sans prix, signé « reçu conforme » par la réceptionnaire.
- Seconde livraison, BL-2026-0033 du 26/09/2026 : 15 coffrets, « reste 0 », signé.
- Facture FAC-2026-0057 du 26/09/2026 : 40 coffrets × 3 500,00 = 140 000,00 DZD, avec les références « BC-2026-0012, BL-2026-0031 et BL-2026-0033 ». C'est à cette date, et pour ce montant, que les 140 000 DZD entrent dans le chiffre d'affaires facturé.
- Encaissement : virement reçu le 10/10/2026, enregistré sur la facture. Les 140 000 DZD passent dans le chiffre d'affaires encaissé, base pratique de l'IFU à 0,5 %, soit 700 DZD.
Sara aurait aussi pu facturer chaque lot séparément (87 500 DZD puis 52 500 DZD) ; ce qui compte est que chaque facture cite le bon de livraison correspondant, et qu'aucune quantité ne soit facturée deux fois.
Dans MyHissab, le bon de commande se crée depuis le devis ou la facture, et le bon de livraison depuis le bon de commande ou la facture, chacun avec sa propre série (BC- et BL- suivis de l'année, par défaut). Le pas à pas est décrit dans le tutoriel devis → bon de commande → facture.
Modèle de bon de livraison
BON DE LIVRAISON Nº BL-2026-0031
Date : 18/09/2026
Émetteur Livré à
Sara Benali Hydra Services SARL
Auto-entrepreneur Hydra, Alger
Nº AE 31-00457-25 Réception : Mme Lina Haddad
Références : devis DEV-2026-0044 du 03/09/2026
bon de commande BC-2026-0012 du 08/09/2026
Désignation Commandé Livré Reste
Coffret cadeau « Oranais », bois d'olivier 40 25 15
Livraison partielle 1/2. Solde prévu avant le 30/09/2026.
Ce document ne constitue pas une facture.
Reçu conforme, le ____ / ____ / ______
Nom et signature du réceptionnaire : Réserves éventuelles :
Le cas de la micro-importation
L'auto-entrepreneur en micro-importation (domaine 080000) achète des marchandises à l'étranger dans les limites du décret exécutif n° 25-170 : 1 800 000 DZD de marchandises par voyage au maximum, deux voyages par mois, 10 000 000 DZD de chiffre d'affaires par an. Il les revend ensuite en Algérie, souvent à des commerçants, et c'est là que le bon de livraison prend tout son sens : chaque remise de marchandises à un client est constatée par un bon de livraison signé, et la facture qui suit le cite.
Deux distinctions à garder nettes :
- Le document douanier établi à l'entrée des marchandises est le seul qui fasse foi sur ce que vous avez importé, sa valeur et les droits acquittés. Le bon de livraison ne le remplace pas : il concerne la remise au client, pas l'entrée sur le territoire.
- Le bon de livraison ne crée pas de chiffre d'affaires : tant que la facture n'est pas émise, les articles livrés sont du stock sorti. Le suivi du plafond de 10 000 000 DZD se fait sur les factures.
Le régime est détaillé dans le guide de la micro-importation.
Erreurs fréquentes
- Compter un bon de commande signé comme une vente. Tant que la facture n'existe pas, il n'y a ni chiffre d'affaires, ni IFU. À l'inverse, oublier de facturer une livraison faite depuis des semaines fausse le suivi du plafond (voir le guide du plafond).
- Numéroter les bons de livraison dans la série des factures. Un bon de livraison qui consomme le numéro FAC-2026-0031 crée un trou dans la série des factures. Chaque type de document a sa propre série.
- Livrer sans faire signer. Un bon de livraison non signé ne prouve rien. Faites signer sur place, ou obtenez un accusé de réception écrit.
- Facturer deux fois la même quantité. Avec des livraisons partielles et des factures intermédiaires, tenez un tableau « commandé / livré / facturé » par commande.
- Modifier un bon de livraison après signature. Si une quantité était fausse, établissez un bon de livraison de régularisation (ou un bon de retour) daté et signé, plutôt que de corriger l'original.
Questions fréquentes
Le bon de livraison peut-il remplacer la facture ? Non. Le bon de livraison constate une remise ; la facture demande le paiement et constitue le chiffre d'affaires. Un client qui paie « sur bon de livraison » vous laisse sans facture émise, donc sans trace de chiffre d'affaires cohérente avec l'encaissement. Émettez la facture, même le jour de la livraison.
Le client m'envoie son propre bon de commande : dois-je aussi en créer un ? Non. Conservez le sien et reportez son numéro sur votre bon de livraison et votre facture. Vérifiez seulement qu'il correspond à votre devis (quantités, prix, délais) avant de préparer la commande.
Un particulier doit-il aussi signer un bon de commande ? Rarement nécessaire : un devis signé « Bon pour accord » joue le même rôle. Le bon de livraison reste utile si vous lui remettez des produits, surtout en plusieurs fois ou par transporteur : sa signature à la réception évite les contestations sur la quantité ou l'état.
Ces informations sont fournies à titre pratique et reflètent les textes en vigueur à la date de mise à jour. Elles ne remplacent pas une consultation auprès de l'ANAE, de la Direction générale des impôts ou d'un professionnel. Vérifiez toujours la version la plus récente des textes officiels.
Sources officielles
Textes et organismes consultés pour ce guide. Pour toute démarche, ces sources font foi.
- Journal officiel de la République algérienne (JORADP) — www.joradp.dz
- Agence nationale de l'auto-entrepreneur (ANAE) — www.anae.dz
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